Pays de Retz

 

Quelques pages d’un incroyable passé

 

Le Pays de Retz est riche d’une histoire mouvementée dans laquelle il subit des dominations successives. Son intégration à la Bretagne marque une stabilisation de la région. Avec la récolte du sel, le Pays de Retz prend une place stratégique à l’échelle de l'Europe. Il devient alors un enjeu majeur, c’est pourquoi les différentes guerres qui ont marqué le Pays de Retz ont d’importantes conséquences sur le déroulement de son histoire. Aujourd’hui le Pays de Retz doit sa notoriété à son tourisme, développé dès la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Premières traces humaines

La présence humaine sur les terres du futur Pays de Retz est attestée dès la période du paléolithique moyen au Moustérien (-125000 à -35000 avant J.C.). De nombreux mégalithes (dolmens, menhirs, tumulus, cairns…) sont érigés, dont certains sont encore visibles aujourd’hui.

 

Présence gauloise puis romaine

Des peuples gaulois sont déjà établis dans le Pays de Retz à l’arrivée des Romains. On retrouve les Namnètes, de part et d’autre des deux rives de la Loire et les Ambilatres au sud du pays. Ces derniers sont alliés des Vénètes au nord, et voisins, au sud, des Pictons, alliés des Romains. En 56 av J.C., lors d’une bataille navale, les Vénètes s’inclinent face aux Romains de Jules César, qui agrandit alors le territoire picton jusqu’à la rive sud de la Loire.

Le nom « Pays de Retz » serait issu du pagus Ratiatensis (pays de Rezé) province romaine intégrée à l’Aquitaine. On retrouve cependant plusieurs écritures : Rais, Rays ou encore Raiz. L’orthographe Retz apparaît seulement au cours du XVIe siècle.

 

L’évangélisation du Pays de Retz

L’évangélisation du Pays de Retz commence au IVe siècle et est assurée, tant par les évêques des diocèses de Poitiers et de Nantes, que par des religieux d’Irlande et d’Angleterre. Des lieux de culte de renom voient alors le jour, notamment l’abbaye Notre-Dame-de-la-Chaume de Machecoul, l’abbaye de Buzay de Rouans, ou encore l’abbaye Saint-Philibert de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

 

Le Pays de Retz AU COEUR DU ROYAUME DE Bretagne

Après la chute de l’Empire romain au Ve siècle, le Pays de Retz subit des raids saxons, la domination wisigothe puis franque. Les Francs occupent les terres du Pays de Retz tout au long du VIe siècle. Après trois siècles de lutte franco-bretonne, le traité d’Angers de 851 reconnaît officiellement le statut du royaume de Bretagne qui intègre les pays de Rennes, de Nantes et de Retz. C’est l’acte de naissance de la Bretagne historique.

Les langues romane et bretonne se juxtaposent dans le royaume de Bretagne. Le Breton est parlé à Pornic et Paimboeuf jusqu’au Xe siècle et on retrouve des traces de Breton dans la toponymie de plusieurs lieux au nord-ouest du Pays de Retz, tels Paimboeuf, Mindin, ou encore Gourmalon…. Cependant la majorité du Pays de Retz conserve sa langue romane.

Ravagé par les invasions Vikings au cours du IXe et Xe siècle, le Pays de Retz est libéré en 938 par le duc de Bretagne, Alain II dit Barbetorte, la Bretagne étant devenu un duché indépendant du royaume de France IXe siècle. Alain II fait de Nantes sa capitale et établit une marche, c’est-à-dire une frontière, destinée à protéger son duché des incursions provenant de Normandie, du Maine, d’Anjou et du Poitou.

Les paroisses bretonnes du sud du Pays de Retz, frontalières du Poitou, bénéficient d’un statut spécifique au sein des marches de Bretagne et se voient dotées de lieux fortifiés, les principaux étant les forteresses de Machecoul et la Bénate (à Corcoué-sur-Longe), d’autres sont édifiés à Pornic, à Prigny, au Collet (aux Moutiers-en-Retz), à Princé (à Cheméré) ou encore à Saint-Etienne-de-Mer-Morte.

Dès le Xe-XIe siècle, la capitale du Pays de Retz est Sainte-Croix, située à l’époque au bord du littoral de la « Baye de Bretagne ». Après l’édification d’un nouveau château sur les bords du fleuve du Falleron, Sainte-Croix devient un quartier de la nouvelle capitale, Machecoul.

 

Gilles de Rais et la baronnie de Rais

Les premiers seigneurs de Retz portent le titre de seigneur de Sainte-Croix. Le blason de Rais, qui est « d’or à la croix de sable » (jaune à la croix noire), en est vraisemblablement le lien héraldique.

Du XIe au XVIe siècle, le Pays de Retz est une des plus puissantes seigneuries du duché breton. La baronnie de Rais compte parmi les neuf plus anciennes baronnies bretonnes et jouit de la dignité de doyenneté des baronnies de Bretagne. Machecoul est alors officiellement l’une des entrées et issues du duché de Bretagne.

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais et surnommé à tort « Barbe-bleue », est un des seigneurs les plus connus du Pays de Retz. Celui-ci est baron de Rais, maréchal de France et compagnon d’arme de Jeanne d’Arc, qu’il aide pour le siège d’Orléans. Cependant sa célébrité est également due aux nombreux enlèvements et crimes d’enfants dont il est l’auteur. Arrêté à son château de Machecoul, il est emprisonné au château des ducs de Bretagne à Nantes où il avoue les faits. Il est alors jugé puis exécuté en 1440.

 

Le sel, ressource essentielle du Pays de Retz

La « Baye de Bretagne » (actuelle Baie de Bourgneuf) est la plus grande zone de production de sel d’Europe, du Moyen-Âge jusqu’au XVIe siècle. Cela lui assure une prospérité et une notoriété internationale. Des navires provenant de la péninsule ibérique, des îles britanniques et particulièrement d’Europe du nord accostent dans les ports de l’île de Bouin, de Bourgneuf et du Collet, pour charger « l’or blanc ».

Mais cette position stratégique apporte au Pays de Retz son lot de misères et de désolations lors de la guerre de Cent Ans, ayant eu lieu entre 1337 et 1453 et opposant les royaumes d’Angleterre et de France, et des guerres de religion, opposants catholiques et protestants. Henri de Navarre, futur Henri IV, vient guerroyer dans le Pays de Retz.

 

Intégration dans le royaume de France

En 1532, le duché de Bretagne intègre le royaume de France. La baronnie de Rais devient alors une vicomté, un comté puis un duché-prairie en 1581. Le duché est représenté aux Etats de Bretagne jusqu’à la Révolution puis est intégré dans le nouveau département de Loire-Inférieure, actuelle Loire-Atlantique, issu du découpage de la province de Bretagne en cinq départements en 1790. Certaines paroisses frontalières des « Marches Communes Bretagne-Poitou », comme l’île de Bouin, sont cependant intégrées au nouveau département de la Vendée, issu du découpage de la province du Poitou.

 

Paimboeuf, espace maritime majeur

Paimboeuf, située au sud de l’embouchure de la Loire, est l’avant-port de Nantes, et ainsi un pôle maritime de premier plan entre le XVIIe et le XIXe siècle. On y voit accoster des frégates de la marine de guerre, des vaisseaux corsaires, des bricks négriers et autres négociants avec les Antilles et les Amériques. Ce port fait la fortune des armateurs de cette ancienne cité ducale, comptant plus de 9000 habitants avant la Révolution Française. Paimboeuf devient alors la sous-préfecture du département de Loire-Inférieur entre 1801 et 1926. Elle accueille notamment l’empereur Napoléon Ier en 1808.

 

Le Pays de Retz à l’heure des Guerres de Vendée

Pendant les Guerres de Vendée, insurrections contre-révolutionnaires ayant eu lieu entre 1793 et 1796, le Pays de Retz appartient à la « Vendée militaire », une importante zone de rébellion située au sud de la Loire. Cette « Vendée militaire » se répartit sur quatre départements issus des trois anciennes provinces : la moitié sud de la Loire-Inférieure (en Bretagne), le sud-ouest du Maine-et-Loire (en Anjou), le nord-ouest des Deux-Sèvres et les deux tiers nord de la Vendée (en Poitou).

La frange côtière du Pays de Retz demeure cependant fidèle à la République, alors que le reste du Pays de Retz combat aux côtés des chefs royalistes tels que Ripault de la Cathelinière, La Roche-Saint-André, Louis Guérin ou encore François Athanase Charrette de la Contrie. Les habitants insurgés sont surnommés les « paydrets, moutons noirs ou bretons de Charrette ». Le Pays de Retz sort exsangue des Guerres de Vendée et est marqué par des destructions et des massacres.

 

Le développement dans la seconde moitié du XIXe

Le développement du tourisme balnéaire et du chemin de fer au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, donne au Pays de Retz un visage nouveau. Les bains de mer, cures et autres activités de villégiature concourent à la renommée des villes côtières telles que Saint-Brévin-Les-Pins, Saint-Michel-Chef-Chef, Tharon, Préfailles, Pornic, surnommé le Trouville breton, ou encore la Bernerie-en-Retz. Des artistes connus y séjournent, notamment Auguste Renoir, Max Ernst, Gustave Flaubert, Paul Léautaud, Julien Gracq ou encore Albert Camus.

 

Le Pays de Retz dans la Grande Guerre

En 1917, une base aéronavale française, qui passe ensuite sous commandement américain, s’installe à Paimboeuf et Saint-Viaud. Ainsi d’imposants dirigeables assurent la surveillance de l’estuaire de la Loire, des côtes et des îles. Cette surveillance permet le déploiement de 200 000 soldats américains et de matériels grâce à plusieurs débarquements sécurisés à Saint-Nazaire entre 1917 et 1918. En août 1918, Franklin Delano Roosevelt, alors sous-secrétaire de l’US Navy et futur président des Etats-Unis, vient inspecter les installations militaires du Pays de Retz.

Une Seconde Guerre mondiale décisive pour le Pays de Retz

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Pays de Retz est témoin d’un des plus grands drames maritimes du XXe siècle. Le 17 juin 1940, le Lancastria, paquebot anglais, évacuant par Saint-Nazaire des soldats britanniques et des réfugiés civils, fait naufrage au large de la pointe Saint-Gildas après avoir été bombardé par l’aviation allemande. Le nombre de victimes est estimé entre 4000 et 6000 personnes. Certains corps sont retrouvés sur les plages de la baie de Bourgneuf.

Le 30 juin 1941, suite au décret n°2727 du gouvernement de Vichy, le département de Loire-Inférieure est séparé de la province de Bretagne pour être intégré dans une nouvelle région dite d’Angers. Cette séparation est conservée après la guerre, c’est pourquoi la Loire-Atlantique fait partie de la région Pays de la Loire.

Situé en zone occupée et en partie inclus dans le système défensif allemand dénommé « le mur de l’Atlantique », le Pays de Retz connaît des actes de résistances mais également de répression, notamment en 1944. Son territoire n’est totalement libéré qu’à la reddition allemande de la « poche de Saint-Nazaire » le 11 mai 1945, trois jours après la capitulation officielle de l’Allemagne nazie à Reims.

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6, rue des Moines,Bourgneuf-en-Retz
44580 VILLENEUVE EN RETZ
Tél : 02 40 21 40 83

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